
Dessertes terrestres aéroportuaires
10/02/2010
A travers cette conférence, organisée dans les salons du Palais du Luxembourg le 10 février dernier, il s’agissait pour TDIE, en partenariat avec UAF, Abertis, ADP, Keolis, RFF et Sncf :
- de réunir les acteurs qui réfléchissent à ce que doivent être les dessertes terrestres de demain des plates-formes aéroportuaires françaises ;
- à partir d’une étude globale, descriptive et prospective réalisée en 2009 par TDIE sur les dessertes ferroviaires des principales plates-formes aéroportuaires françaises, d’inscrire ses réflexions dans le cadre de ses travaux préparatoires au prochain SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transports).
A l’issue de cette conférence organisée au Palais du Luxembourg, l’association TDIE tire quatre enseignements :
1. Mieux organiser les jeux d’acteurs concernés par les dessertes des aéroports
Les débats ont mis en évidence la nécessité de renforcer les dialogues entre les gestionnaires d’aéroports, les gestionnaires et exploitants du réseau ferroviaire, les opérateurs de transport collectif et les élus nationaux et locaux. TDIE appelle tous ces acteurs à dépasser les enjeux de pouvoir et faire évoluer les mentalités vers une culture partagée avec tous les acteurs du transport et des services, et avec l’usager au centre des débats. TDIE considère que l’élu local peut jouer le rôle d’ensemblier, d’ « accélérateur » auprès des acteurs qui sont, eux, des spécialistes.
2. Travailler sur la qualité des dessertes des aéroports, et du service proposé aux usagers
Il convient notamment de travailler sur les problèmes de correspondance, de tarification, de cadencement horaire, d’enregistrement des bagages, de signalétique, de temps de parcours…et pour ce faire de s’inspirer des expériences menées notamment à Shanghai (le Transrapid relie l’aéroport de Shanghai Pu Dong à la station centrale de Longyang Road en 7 minutes 20 pour 30,5 km, soit une vitesse moyenne de 245km/h), à Londres où tous les aéroports sont liés à une grande gare (8 trains / heure circulent entre l’aéroport de Luton et la gare de Saint Pancras ; la durée du trajet est de 21 minutes), ou encore à Francfort, Amsterdam....
Même si les métropoles françaises n’ont pas toutes la taille des métropoles étrangères, et donc les mêmes enjeux en matière de trafic de voyageurs, TDIE insiste sur la nécessité d’un rapprochement géographique optimal entre les gares ferroviaires et les aérogares, si possible sur le même site, comme cela reste possible à Montpellier, Nantes... Les contre-exemples de Marseille et de Lille ne doivent pas être reproduits.
Elle encourage en France le développement de nouvelles infrastructures et de services intermodaux de transport entre les aéroports et les agglomérations, là où cela est pertinent. Plusieurs liaisons sont à créer en France, sur le modèle de Lyon (RhônExpress, tram-train reliant Lyon Part-Dieu à l'aéroport Lyon Saint Exupéry, sera ouvert le 1er août 2010), Paris (projet Charles de Gaulle Express), Montpellier et Nantes...
3. Réussir les dessertes du futur probable aéroport de Notre Dame des Landes
TDIE considère qu’il est primordial de ne pas répéter les erreurs du passé et de penser dés à présent les dessertes ferroviaires et routières de ce probable nouvel aéroport. TDIE estime qu’il est essentiel et urgent d’inscrire dans le SNIT (qui est à 20 ans) le financement non seulement d’une liaison entre Rennes et Nantes mais, d’une façon plus générale, les futures liaisons nord-sud (nouveau franchissement routier, voire ferroviaire, de la Loire) et est-ouest.
4. Mobiliser des financements à la hauteur des enjeux de mobilité durable au sein des aéroports
TDIE s’évertue à le clamer depuis plusieurs années : une politique de la mobilité durable est coûteuse, mais ce coût est vertueux dès qu’est démontré le lien entre croissance et emploi d’une part, et investissements d’autre part. Les aéroports sont des lieux de vie qui génèrent de la valeur et également de la mobilité. Pour combler notre retard sur les pays étrangers comme la Suisse ou l’Allemagne, il convient de mobiliser des financements afin d’améliorer nos dessertes d’aéroports. Le choix du partenariat public privé, comme c’est le cas pour Rhône Express, est une des pistes pertinentes, mais d’autres doivent être envisagées, et ce au regard de l’envergure des projets.
Cette conférence fut l’occasion de présenter l’étude « La desserte ferrée des aéroports français, état des lieux et perspectives d’avenir », réalisée par Maëlle Waser, ingénieur stagiaire TDIE, disponible sur le site de TDIE avec les documents projetés (cartes, graphiques, micro-trottoirs présentant les attentes des voyageurs, statistiques).

































